Sécurité alimentaire : je fais le tri dans les rayons

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Sécurité alimentaire : je fais le tri dans les rayons

Que peut-on encore manger? entre les aliments cancérogènes et les scandales au bout de la fourchette, on va finir par perdre l’appétit. Mon guide anti-panique.

Sus au lait contaminé à la mélamine, aux huiles de friture frelatées, aux fraises infectées… On ne compte plus les « dérives » alimentaires made in China, mais l’Europe n’est pas épargnée : œufs et viandes truffés de dioxine, horse gate, salmonelles… À cela s’ajoute l’utilisation abusive de pesticides, d’antibiotiques et d’additifs. Bref, on a de quoi s’inquiéter. Pourtant, notre enquête montre qu’on peut rester optimiste et gourmand. Avec les bons repères, pas si compliqué de dénicher des produits sains et safe dans les supermarchés.

Le jambon blanc

Que lui reproche-t-on ? D’être pas mal trafiqué. Christophe Brusset, ancien ingénieur dans l’agroalimentaire et auteur du livre choc Vous êtes fou d’avaler ça ! (éd. Flammarion), alerte sur la fabrication du jambon sous vide : il serait composé des morceaux de (plusieurs) porcs amalgamés, originaires de France ou de l’UE, salés par injection ou malaxés, gorgés d’eau et de sucre pour forcer son volume (jusqu’à 70 % de son poids), colorés artificiellement et marinant dans un mélange de phosphates, d’additifs et de colorants cancérogènes.
Les pièges à éviter. Vendus sous cellophane, les jambons « cuits à l’os » ou « au torchon » ne sont que des arguments marketing. Haro également sur les arômes « fumé » ou « herbes aromatiques »… « Chimiques et injectés dans le jambon », ajoute Christophe Brusset. Enfin, méfiance si le jambon présente taches et petits trous, signes d’un excès de sucre ou de gélatine pour le gonfler, d’un malaxage trop brutal, voire de vaisseaux éclatés par le stress à l’abattoir.
Le bon choix. Privilégier le jambon peu rosé de porc « Origine France », « sans antibiotiques » et « supérieur », moins riche en additifs. Si les fibres des muscles sont bien visibles, c’est signe qu’il ne renferme pas trop d’eau et qu’il n’a pas été trop malaxé au salage. En cas de doute, Géraldine Meignan, auteur des Réseaux de la malbouffe (éd. JC Lattès) conseille d’utiliser l’appli Noteo sur smartphone : une fois le code-barres du produit scanné, ses notes apparaissent, redirigeant au besoin vers des produits meilleurs pour la santé. Le jambon d’artisan acheté chez le charcutier est, lui, au-dessus de tout soupçon : prélevé dans la cuisse d’un porc né et élevé sans stress, et bien nourri. Le must industriel : « Le jambon supérieur, Tendre noix de Herta, sans glucose et préparé dans une saumure naturelle faible en additifs, conseille le Dr J.-M. Cohen dans son Guide d’achat pour bien manger, 500 produits décryptés (First Editions).

Le steak haché

Que lui reproche-t-on ? C’est avant tout sa composition qui pêche : de la viande de vaches en fin de vie mélangée à de la carcasse et à du gras, jusqu’à 20 %. Si des traces de porc sont régulièrement décelées, celles de fécule de pomme de terre, de sucre, d’eau ou encore de fibre de bambou, servant à augmenter son volume, interpellent. Sans compter les peurs passées qui resurgissent : la vache folle, la viande de cheval substituée à celle de bœuf et la présence répétée de la bactérie E.coli, responsable de troubles intestinaux et rénaux. Enfin, l’étude récente de l’OMS révélant que la viande rouge est cancérogène et qui ajoute de la confusion.
Les pièges à éviter. Gare aux appellations floues du type « Préparations hachées », « Moelleux au bœuf », « Hachés au bœuf »… qui cachent des mélanges auxquels on ajoute des colorants, pour rendre la viande plus rouge, des protéines de soja… Mieux vaut opter pour la mention « 100 % pur bœuf » indiquée sur le paquet des viandes préemballées ou sous-vide. Enfin, pas de psychose : ce n’est pas la viande, mais sa consommation en excès qui est pointée du doigt par l’OMS. On peut donc continuer à déguster son bifteck sans craindre pour sa santé.
Le bon choix. Rien ne vaut le steak haché d’un artisan boucher : de la viande de bœuf maigre hachée, sans gras ajouté, et c’est tout. Sous-vide ou surgelés ? Il faut privilégier les « Steaks hachés de bœuf de qualité bouchère », certifiés « Origine France », « 100 % muscle » et pauvres en matières grasses dont le prix équivaut souvent à celui du boucher. Le must au supermarché : « Mon haché boucher » de Bigard, du 100 % muscle, du bœuf local, tracé et abattu dans l’un de ses 4 abattoirs français.

Les œufs

Que leur reproche-t-on ? D’être issus de poules avalant des trucs pas très clairs. De fait, 60 % de la production française proviennent de poules élevées en cages ou en batterie (sce : CIWF) et ne mangent que des farines. Résultat : le jaune n’est pas (très) jaune et certains industriels ajoutent alors à l’alimentation des poules des colorants jaunes naturels (la canthaxanthine) ou synthétiques…
Les pièges à éviter. Out les œufs de poules élevées en batterie et les appellations du style « Les œufs de nos régions » ou « terroir » qui ne signifient rien.
Le bon choix. Les œufs fermiers de poules élevées en plein air, recommandés par Thierry Souccar et Angélique Houlbert, auteurs de La meilleure façon de manger (Thierry Souccar Editions). Leur atout : elles se nourrissent d’herbe et d’asticots naturellement riches en caroténoïdes (oméga 3) qui colorent le jaune. Les œufs de poules nourries aux céréales bio (dont du maïs) sans OGM colorent le jaune tout autant, mais renferment trois fois moins d’oméga 3 que le « plein air » et trop d’oméga 6, des graisses moins intéressantes pour la santé.

Le poisson pané

Que lui reproche-t-on ? Sa panure en ferait une bombe de gras et de sucres, en dépit de son image de produit sain (« C’est du poisson »).
Les pièges à éviter. Les poissons panés contenant moins de 70 % de poisson sont à proscrire. Cela signifie qu’il y a trop de panure (on trouve des nuggets de poisson à 48 % de poisson seulement), qu’ils sont en effet trop riches en graisses et/ou en sucres. Il faut aussi surveiller la quantité d’additifs dans la recette, il suffit de lire la liste des ingrédients. Enfin, attention aux marques qui revendiquent l’absence d’huile de palme, très décriée. Cela ne signifie pas que la panure est plus légère : il peut très bien y avoir une autre huile (il faut vérifier qu’elle n’est pas « partiellement hydrogénée » car les acides gras sont alors mauvais pour la santé).
Le bon choix. Privilégier plutôt les mentions « 100 % filets » et les chapelures « naturelles », élaborées à partir de farine, de sel et de levure. Le must dans les congélos : chez Thiriet, les 16 portions surgelées de filets de colin d’Alaska panées, garanties Pêche durable, à 72 % de poisson. Sa panure naturelle sans matière grasse ajoutée affiche un taux mini de lipides (0,5 %).

Le miel

Que lui reproche-t-on ? D’être du faux miel importé de Chine, composé de sirop de glucose, de fructose et d’arômes, et n’ayant jamais vu le dard d’une abeille.
Les pièges à éviter. De fait, certains « miels » sont importés d’Asie et n’ont de miel que le nom. Pour s’y retrouver, on proscrit les produits affichant des mentions vagues du genre « Provenance UE » ou « Provenance hors UE ». Haro également sur les 1ers prix, trop sucrés (et affichant d’ailleurs le « hors UE »), et les miels à la gelée royale, chers et qui n’en contiennent en réalité que 4 à 5 %.
Le bon choix. On vérifie systématiquement la provenance du miel. L’indication de l’origine est obligatoire depuis 2014. Toutes les variétés sont intéressantes, ce n’est qu’une question de goût, de texture et de couleur. Le miel « récolté et mis en pot par l’apiculteur » est un gage de qualité, comme celui acheté chez l’apiculteur ou en magasins bio. Le must on line : le miel de thym de la Famille Mary (famillemary.fr).

Les briques de soupe

Que leur reproche-t-on ? D’être plus riches en crème qu’en légumes. En outre, Christophe Brusset, l’ex-industriel, reste sceptique sur le nombre d’additifs, colorants et épaississants encore trop nombreux.
Les pièges à éviter. On passe sans s’y attarder devant les soupes « allégées », plus chères, et pas plus légères qu’une banale poireaux-pommes de terre. Attention aussi aux emballages qui mentionnent la teneur en sodium et non en sel : il faut multiplier par 2,54 pour obtenir la teneur réelle en sel. On arrive vite à 3 g de sel par bol alors que l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) recommande de ne pas dépasser 7 à 8 g par jour.
Le bon choix. Mieux vaut prendre le temps de détailler les étiquettes et choisir les soupes riches en légumes mentionnés en haut de la liste des ingrédients. Plus la liste est longue, plus la soupe contient d’additifs. On privilégie aussi les soupes apportant moins de 1,5 g de lipides, moins de 7 g de glucides et moins de 45 kcal pour 100 ml. Le must en rayon : la gamme PurSoup’ de Liebig et les soupes bio Vitabio faibles en additifs, mais un peu plus chères.

Sécurité alimentaire : je fais le tri dans les rayons
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Asma Belkadi
Asma est une jeune blogueuse qui fait de plus en plus ses preuves dans le monde des influenceuses sur le Web. Passionnée depuis son enfance par la lecture et la rédaction. Elle possède maintenant Mojotic qui reflète ce qu'elle aime faire sur le Web.

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